mardi 26 février 2008

80% des français favorables à la rétention de sûreté


La vulgarité est une certes une affaire de gros mots, mais ce ne sont que de petites phrases. Pendant que le PS disserte sur les échanges de courtoisie du Président, je préfère me concentrer sur l'essentiel.

L'essentiel, c'est que 80% des francais se disent favorables à la rétention de sûreté, qui consiste non plus à être jugé pour ses actes mais à être enfermé pour des crimes à venir, tenant compte de la personnalité de l'individu, remettant par là en cause la fonction rédemptrice de la peine. Il y a des coupables par nature, comme le candidat Sarkozy se plaisait à le clamer au sujet de la pédophilie : la porte est ouverte à bien des dérives.
Le Conseil Constitutionnel a censuré une partie de la loi, et on peut s'indigner de la démarche présidentielle demandant au premier magistrat de France d'aller au-delà d'une décision - celle du Conseil - par nature non discutable. Je ne le ferai pas, assez d'encre à couler sur ce sujet.

Mais l'important est de revenir au fond des choses. Comme pour les tests ADN, le Conseil exerce une censure partielle. Comme pour les tests ADN, les français approuvent pourtant la décision du chef de l'Etat.

C'est cela qui me choque, qui m'indigne le plus.

En d'autres temps, une majorité de Français ont été favorables à l'esclavage, à la peine de mort ou l'Algérie colonisée. Mais les hommes d'Etat qui se sont succédés ont choisi de dépasser le bain populaire pour tracer des voies : parfois contre vents et marées, De Gaulle, Mitterrand, mais aussi Giscard, ont choisi de rester fermes au-delà du bon sens qui ne donne que des lieux communs.
Cette posture présidentielle nous a évité des morts condamnés à tort, des pays occupés plus longtemps, des femmes enfermées dans un modèle traditionaliste, des individus stigmatisés pour leur orientation sexuelle.
Voilà la noblesse de la politique : présenter à son pays une vision.

Après en avoir fait un instrument de campagne, à grand renfort de sondages d'opinion, nous aurions pu espérer que Nicolas Sarkozy change de fusil d'épaule et se comporte comme ses paires.
Mais en place et droit d'amener les peuples à prendre du recul, Nicolas Sarkozy a choisi la strategie inverse. Celle-ci porte un nom: le populisme.

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