
Le Traité de Lisbonne connaîtra-t-il le même sort que feu le Traité Constitutionnel Européen ? C'est un risque qu'il ne faut plus négliger, à en croire les derniers sondages donnant le NON gagnant en Irlande.
L'Irlande sera le seul pays de l'Union Européenne à délibérer par référendum le 12 juin prochain. Si elle devait refuser le traité, c'est toute l'Europe qui se trouverait à nouveau paralysée.
Les problématiques conjoncturelles pèseront sur le résultat, en particulier le ralentissement de la croissance économique.
Mais le problème de fond reste lié à l'angoisse des peuples face à la mondialisation. Confrontées à un monde devenu 'trop' grand, les populations multiplient les réflexes identitaires d'une part et les sentiments individualistes : les revendications nationalistes (corses, basques, bretons...) répondent à la résurrection des droites en Europe, dont le discours anti-impôt replace l'individu avant la société.
Bien plus qu'un débat franco-français, les tiraillements qui agitent les socialistes touchent au coeur-même du vivre ensemble.
Le libéralisme a justifié les égoïsmes, disait Martine Aubry. Il porte aussi des espoirs, comme le rappelle Bertrand Delanoë.
La vraie question qu'il nous appartient de résoudre est la suivante : comment vivre ensemble en tant que société, tout en laissant éclore les individualités ? Individualités ne veut pas dire individualisme.
Si les socialistes français parviennent à répondre à cette question, nous aurons de très loin dépassé les idéologies ou même le pragmatisme social-démocrate.
Les gauches ont historiquement toujours été liées à la pensée philosophique. Si les penseurs pouvaient se remettre au travail, ce ne seraient pas les gauches qui progresseraient, mais la société au-delà d'une addition d'individus.
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