samedi 28 juin 2008

En attendant Bertrand...


Le congrès de Reims s'annonce très ouvert pour la direction du PS. L'état actuel des forces laisse présager d'un duel de femmes.

La dynamique de victoire est incontestablement toujours en faveur de Ségolène Royal. La ferveur qui s'est levée à l'occasion de l'élection présidentielle ne s'est pas estompée, et elle seule paraît à même de secouer la fourmilière socialiste... pour qu'elle fourmille enfin d'idées ! L'enthousiasme des militants est encore perceptible.

D'un point de vue plus tacticien, c'est Martine Aubry qui semble en situation.

Tous les courants du PS s'enfoncent aujourd'hui dans une logique jusqu'au boutiste. Les plus à gauche courent vers Olivier Besancenot, qu'il s'agisse de Mélenchon ou Emmanuelli. Les plus sociaux-démocrates hésitent entre les solutions d'aujourd'hui (le modèle suédois, façon Royal) et les solutions de demain (appelons-les la "social-individualité", qui fait plus de place aux initiatives personnelles, façon Moscovici). Ainsi, quand tout le monde court vers la gauche ou vers la droite, il reste bien sûr un boulevard au centre.
Et c'est Martine Aubry qui l'incarne. Il suffirait que les barons locaux lui apportent son soutien pour que le congrès soit plié.

En l'état actuel, toutes les contributions sont franchement décevantes :
- Ségolène Royal fait de remarques propositions, notamment en termes de fiscalité ou de retraite à points, mais pêche par excès de populisme en se livrant à une attaque de Nicolas Sarkozy des plus banales
- Martine Aubry présente un travail d'un classicisme totalement désuet
- Pierre Moscovici est plein de bonnes intentions, et d'excellentes intuitions. Les grands principes y sont mais les propositions sont pour le moins légères.

Que fera Bertrand Delanoë ? Réponse mardi. En choisissant d'être le dernier à présenter sa contribution, il veut se poser comme le candidat que tout le monde attend. Ceci étant, si sa contribution est trop classique, elle décevra, notamment tous ceux qui ont apprécié dans son dernier livre la question centrale qui doit être celle de la gauche aujourd'hui : concilier libertés individuelles et vie en société.
Inversement, si elle est jugée trop "moderne", trop "social-individuelle" comme j'esquissais le terme plus haut, il ne pourra réunir une majorité sur son nom.

Les clés du scrutin semblent donc difficile à décrypter. A moins que François Hollande, par le jeu d'alliances improbables, se transforme encore en faiseur de rois.

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